LE KRAV MAGA

Expert en Krav Maga et consultant au sein de FEKSD : Jerome Roesch

Le krav-maga est un art martial qui a pour objectif d'être efficace dans le plus grand nombre de situations possibles.

C'est pourquoi le Krav Maga possède une gamme de techniques très étendue :

- Combats à toutes les distances (type Kravmaga)
- Pieds / Poings
- Debout ou au sol
- Contre un adversaire armé d'un couteau, d'un bâton ou même dans certains cas
d'une arme à feu
- Contre deux adversaires, etc ...

Une caractéristique du Kravmaga est de rendre le pratiquant apte à faire face à une agression dans la rue (sans règle).
Nous n'avons donc pas de restriction par rapport à certains points dits "sensibles ou vitaux du corps".

La biographie d´Imi Lichtenfeld

Imi Lichtenfeld est le créateur du krav maga, sport de combat israélien.
Imi Lichtenfeld, naquit en 1910 à Bratislava, en Tchécoslovaquie. Inspiré et encouragé par son père Samuel, ancien acrobate de cirque et lutteur, professeur d'éducation physique, détective et instructeur en Chef de la Police Départementale reconnu pour son enseignement de la self défense, mais aussi pour ses nombreuses arrestations, Imi pratiqua de nombreux sports. Il se concentrera finalement sur la gymnastique, la lutte et la boxe, participant activement pendant dix ans à un grand nombre de compétitions, dont il sortit souvent victorieux, principalement en lutte.

Quelques dates parmis les plus marquantes :

En 1928 Imi gagne le championnat de lutte de la jeunesse Slovaque.
En 1929 il gagne le même championnat de lutte mais chez les adultes et dans deux catégories de poids différentes, ainsi que le championnat national de boxe plus une compétition internationale de gymnastique.
En 1935 : une côte cassée pendant un entraînement juste avant une compétition en Palestine l'empêche d'y participer ; de cet évènement il va tirer un principe de sécurité dans la pratique, contraire à l'attitude qui consiste à gagner à tout prix : « en premier, ne sois pas blessé… ».
De 1936 à 1940 Imi se consacre plutôt à la lutte. Il entraîne, pratique et gagne une douzaine de médailles et de prix. Il est considéré comme un des meilleurs lutteurs européens. Parallèlement, il pratique aussi l'acrobatie et s'investit dans les arts dramatiques. Il enseigne la gymnastique à une des meilleures troupes de théâtre de Tchécoslovaquie et joue dans plusieurs productions.

Durant cette période, Imi participe à d'innombrables affrontements et combats de rue contre des agresseurs anti-sémites seul ou en groupe. Avec la montée du fascisme et de l'anti-sémitisme les nazis se répandent en Slovaquie et les juifs sont violemment agressés . Imi organise un groupe de jeunes juifs issus pour la plupart de la boxe, de la lutte ou de la musculation pour contrer les émeutes et empêcher les bandes anti-sémites de pénétrer dans le quartier juif. Il prit ainsi part à de nombreuses bagarres, qui aiguisèrent sa prise de conscience sur les différences entre les combats de rue et les compétitions sportives. Les premiers principes du Krav Maga étaient nés:

Utiliser les réflexes, le mouvement naturel
Attaque et défense simultanées
Retrouver ses moyens après un coup
En 1940 Imi est devenu un problème pour les autorités locales devenues fascistes et il doit quitter sa maison, sa famille et ses amis. Il s'embarque dans le dernier navire immigrant qui réussit à échapper aux nazis. Il s'agit d'un ancien bateau de rivière appelé le Pentcho et reconvertit au transport de centaines de réfugiés d'Europe centrale vers la terre promise Israël (Palestine).
L'odyssée d'Imi à bord du bateau est remplie d'épisodes émouvants et dure deux ans.
Dans le Delta de la Roumanie le bateau est placé en quarantaine pour tenter d'affamer les passagers. Plusieurs fois Imi doit se jeter à l'eau pour sauver des passagers tombés ou pour récupérer des sacs de nourriture, mettant sa vie en danger. En sauvant un enfant de la noyade, il attrape une infection de l'oreille qui faillit lui coûter la vie.

Le bateau n'est pas détruit qu'en raison de son fond plat qui lui évite de sauter sur les mines.
Plus tard, la chaudière du bateau explose, il s'échoue vers une île grecque (Kamilanisi).
Imi et quatre de ses amis prennent une chaloupe et vont vers la Crète pour demander de l'aide. Préférant ignorer l'infection de son oreille et les contestations de ses amis, Imi refuse d'abandonner les rames pendant une journée entière. Mais en dépit de leurs efforts héroïques, les vents violents font chavirer leur chaloupe et ils n'atteignirent jamais la Crète. Le matin du 5 ème jour, un navire de guerre anglais récupère les 5 survivants et les amène à Alexandrie en Egypte.
Imi très mal en point, subit plusieurs opérations à l'hôpital. Il est alors proche de la mort et les docteurs n'ont pas d'espoirs pour sa guérison. Le chirurgien réussit à lui sauver la vie.

Après avoir récupéré, Imi rejoint la légion Tchèque commandée alors par l'armée britannique. Il servit alors en différents points du moyen orient pendant 1 an 1/2 puis reçu un permis d'entrée pour Israël (Palestine).
En 1942 des amis de Imi le présentent au Général Sadeh, Général de la Hagana (pré – IDF = Israeli Defensives Forces. Hagana = force armée créée en 1920 pour organiser une défense des juifs en Palestine, considérée illégale par l'armée Britannique qui administrait ce territoire et en contrôlait la défense) qui l'accepte immédiatement dans l'organisation en regard de ses talents de combattant au corps à corps.
En 1944 Imi commence à entraîner les combattants israéliens. Il entraîne plusieurs unités d'élites de la Hagana : Palmach (unités de combat créés en 1941 et qui vont bénéficier des connaissance acquises par tous les juifs engagés dans WWII pour les Britanniques), Palyam (commandos marines) ainsi que des officiers de polices. Il leur enseigne la condition physique pour le combat, le dépassement des obstacles individuels, les tactiques de baïonnettes, les attaques de sentinelles, le combat au corps à corps sans arme (Krav Maga en hébreu), la natation, le combat au couteau, le bâton.

En 1948 avec la naissance de l'état d'Israël et de l'IDF, Imi devint Instructeur en Chef en éducation physique et en Krav Maga pour l'armée. Il sert l'IDF pendant 20 ans affinant et développant sa méthode de self défense unique.
Imi a entraîné personnellement les meilleurs combattants des unités d'élites d'Israël et a formé de nombreuses générations d'instructeurs de Krav Maga – pour cela il a gagné la reconnaissance des plus hauts gradés de l'armée.
Plus tard, le ministère de l'éducation donne la reconnaissance d'état pour l'enseignement du Krav Maga aux civils.
Le Krav Maga a du répondre aux besoins variés nécessaire à l'IDF. Il devait être facile à apprendre et à appliquer, de telle sorte qu'un soldat, un employé de bureau ou un combattant d'unité d'élite puisse obtenir l'efficacité requise dans la plus petite période d'apprentissage et aussi que les techniques puissent être appliquées malgré un stress intense.
Au début des années 60 alors qu'il entraîne une unité de gardes de la Police Royal en Ethiopie Imi réalise qu'un des élèves essaye vraiment de le blesser alors qu'il montre une défense contre une attaque à la baïonnette. A l'attaque suivante Imi le frappe très durement et le met hors de combat. Cet incident le fait réfléchir sur l'attitude à transmettre aux élèves pour s'entraîner dans de bonnes conditions et prévenir les blessures : « n'essayez pas de prouver qui vous êtes».

En 1964, après s'être retiré de l'IDF, Imi commence à adapter le krav maga aux besoins civils. La méthode est adaptée pour convenir à tout le monde : hommes et femmes, jeunes et adultes, tous ceux qui auraient besoin de survivre à une attaque avec un minimum de risque et de dommages.
Pour répandre sa méthode : Imi établit 2 centres d'entraînement à Tel Aviv et Netanya, sa ville de résidence, qui devient un centre pour les pratiquants de krav maga.
Il adopte le système de ceinture pour structurer le krav maga et assurer une progression rapide en toute sécurité.
Pendant ce temps Imi continue à servir comme consultant et instructeur de krav maga pour l'IDF et d'autres forces de sécurité.
En 1972 la première formation d'instructeur destiné aux civils à l'institut Wingate démarre.
Dès lors la méthode se répand auprès de nombreux civils.
En 1978 Imi crée l'Israeli Krav Maga Association pour disséminer la méthode et transmettre ses valeurs. Il en restera le président jusqu'à la fin de sa vie.
En 1981 le Krav Maga commence à se développer dans le monde.
Jusqu'à ses derniers jours, Imi continua à développer les techniques de Krav Maga et ses concepts. Il supervisait personnellement les plus hauts gradés du Krav Maga et passait du temps avec les instructeurs. Imi contrôlait les progrès et les réussites de ses élèves, les captivant avec sa personnalité unique et son sens de l'humour prononcé et leur communiquant sa connaissance et son avis.

Le 8 Janvier 1998 Imi est mort à l'âge de 87 ans, gardant l'esprit fort même dans ses derniers moments.
Le système du Krav Maga développé par Imi est fondé sur des valeurs morales et humaines, qui souligent l'importance de l'intégrité, de l'humilité et du respect d'autrui.



Les Principes d'Imi
"L'essence même du Krav Maga [...]repose sur plusieurs principes :"
Premièrement : c'est un principe de prévention assez général : éviter de se retrouver dans une situation dangereuse, par exemple si l'on fait de l'auto stop, éviter les individus peu engageants, éviter de traverser à pied un quartier dangereux de la ville ;
Deuxièmement : le Krav Maga est basé sur des réflexes naturels du corps humain ;
Troisièmement : se défendre et attaquer par la voie la plus courte et depuis la position où l'on se trouve, en privilégiant le minimum de prise de risque pour soi-même ;
Quatrièmement : en fonction de la situation, et selon le besoin, en fonction du danger que représente l'adversaire, essayer de décourager celui-ci en parlant
Cinquièmement : on utilise les points sensibles du corps humain (yeux, gorge...) pour atteindre ou maîtriser l'adversaire ;
Sixièmement : essayer d'utiliser tous les objets à sa portée, puis les armes naturelles du corps ;
Septièmement : principe le plus réaliste, pas de loi, aucune limitation sur le plan des techniques, pas d'interdits, tous les coups sont permis."
"Maîtrisez si bien la self - défense que vous n'aurez jamais à tuer qui que ce soit"



Les principes du krav maga :

Assurer son intégrité physique, répliquer rapidement et s´enfuir.
Simplicité, dépouillement et efficacité sont les principales caractéristiques du Krav Maga.
C'est pourquoi cette discipline a été adoptée par toutes les forces armées Israéliennes, certaines unités de police américaine, agents du F.B.I. ou autres gendarmes du GIGN.

Le Krav Maga signifie en hébreu " Combat Rapproché ". Il comporte deux parties :

  • Le self defense, qui en est la charpente. Elle renferme des techniques variées visant à permettre à ceux qui y sont initiés de se défendre contre une attaque, éviter les blessures et de venir à bout d'un assaillant. Cette partie contient des parades contre une grande variété d'attaques armées ou non et dans des positions de base différentes : debout, assis, couché...


  • Le combat au corps à corps, qui constitue une phase plus avancée du Krav Maga ; il enseigne la façon de neutraliser rapidement et efficacement un adversaire. Il regroupe des éléments ayant trait au combat proprement dit : les tactiques, les feintes, la combinaison d'attaques différentes, la dimension psychologique du combat... et autant d'exercices permettant de renforcer son esprit et de développer une capacité à gérer des confrontations violentes dans un état de stress.


Le Krav Maga n'est pas une autre école d'arts martiaux, basée sur des approches conventionnelles. Il s'agit avant tout d'une méthode moderne caractérisée par un mode de pensée cohérent et logique qui permet des techniques naturelles, pratiques et faciles qui sont basées sur des mouvements relativement simples du corps humain. Le souci de réalisme de cette discipline n'autorise donc pas de règles, de limites ou de compétitions sportives.
Le Krav Maga a émergé dans un environnement où la violence, particulièrement de nature idéologique ou politique, était courante. Cela a permis de tester, d'étudier et d'améliorer cette discipline qui a ainsi prouvé qu'elle constituait une méthode idéale de self défense face à de graves dangers.

"L'essence même du Krav Maga repose sur plusieurs principes :"
Premièrement : c'est un principe de prévention assez général : éviter de se retrouver dans une situation dangereuse, par exemple si l'on fait de l'auto stop, éviter les individus peu engageants, éviter de traverser à pied un quartier dangereux de la ville ;

Deuxièmement : le Krav Maga est basé sur des réflexes naturels du corps humain ;

Troisièmement : se défendre et attaquer par la voie la plus courte et depuis la position où l'on se trouve, en privilégiant le minimum de prise de risque pour soi-même ;

Quatrièmement : en fonction de la situation, et selon le besoin, en fonction du danger que représente l'adversaire, essayer de décourager celui-ci en parlant

Cinquièmement : on utilise les points sensibles du corps humain (yeux, gorge...) pour atteindre ou maîtriser l'adversaire ;

Sixièmement : essayer d'utiliser tous les objets à sa portée, puis les armes naturelles du corps ;

Septièmement : principe le plus réaliste, pas de loi, aucune limitation sur le plan des techniques, pas d'interdits, tous les coups sont permis."


Le but du Krav Maga: l´efficacité
En Krav Maga on recherche avant tout l´efficacité en combat.
En Krav Maga on pense que la simplicité est déterminante pour conserver un maximum de chances de survie face à une agression physique. Les mouvements simples sont courts et par conséquents peu fatiguants. Il existe deux bonnes raisons aux mouvements simples : ils permettent de conserver un maximum de fraîcheur physique pendant un combat, et un mouvement simple est court donc, la distance étant moins longue, il est automatiquement plus rapide.

Malgré l'absence de limitations en Krav Maga, on va bien sûr observer des règles de sécurité pour que le pratiquant puisse sans danger atteindre un niveau élevé, mais on va faire en sorte qu'aucun mouvement, aucune attaque, ne nous soient étrangers. Chez nous pas de souci esthétique, la priorité est à l'efficacité. Notre souci est d'éviter tout apprentissage dans la tricherie, au profit d'un enseignement efficace dont on pourra user en cas de nécessité absolue. On s'efforcera dans un premier temps de rester en vie et s'il le faut on tuera pour ne pas être tué. Dans un deuxième temps on essaiera d'être suffisamment efficace et maître de soi pour ne pas avoir à tuer ou causer de dommage irrémédiables. A partir de là on entre dans le domaine de l'art.

EFFICACITE : Le Krav Maga est avant tout une méthode moderne de Close Combat et de Self Défense adaptée à la réalité du terrain militaire ou civil. On ne retient que ce qui est réellement efficace.

SIMPLICITE : L'efficacité de la discipline passe par des mouvements qui se révèlent les plus simples, basés sur les réflexes naturels du corps humain. On met en place une "mémoire" musculaire et réflexogène.

RAPIDITE : La technique étant calquée sur les réflexes, elle est plus rapide à réaliser en cas de confrontation physique. Il est impératif de mettre fin au plus vite à une situation dangereuse.

MAITRISE DE SOI : Ces techniques étant très efficaces, une grande rigueur morale est nécessaire au contrôle de soi afin d'être en accord avec la législation française concernant la légitime défense.

Grâce à sa facilité d'apprentissage, le Krav Maga séduit profressionels et particuliers (femmes, hommes, adolescents) de 15 à 77 ans. Si de nombreuses unités d'élite ont choisi le Krav Maga (GIGN, FBI,...), il n'en demeure pas moins que la discipline intéresse toutes personnes souhaitant se défendre, ou défendre autrui, dans une logique d'efficacité réelle et non-annoncée.
Pour les pratiquants, il existe un système de grades sous forme de ceinture, qui permet la progression des élèves en fonction du programme technique.
Au passage de la ceinture verte et des suivantes (fin de deuxième année de pratique), l'obtention de ceinture est subordonnée à la fois au passage de la technique et d'un combat « dur » où les coups sont lachés.


Les courants du Krav Maga
Les principaux courants du Krav Maga, les principaux acteurs et les professionnels
Le Krav-Maga comme tous les arts martiaux s'est divisé en différentes écoles même avant la mort du fondateur, Imi Lichtenfeld.
Pour éclairer un peu les personnes qui ne connaissent pas ces différents courants, nous vous présentons ici les principaux.
Seuls sont représentés ici les instructeurs les plus reconnus.

Tous ont travaillé avec Imi et tous sont ou étaient d'excellents instructeurs ayant sur certains aspects une vision différente du Krav-Maga selon leur personnalité.
Par souci de clareté nous avons dû volontairement omettre d'autres instructeurs importants pour le Krav- Maga.

Si vous relevez des erreurs merci de nous les signaler à condition de joindre vos sources.
Nous souhaitons un maximum d'objectivité pour éviter toute polémique.
Pour résumer,
les 3 plus anciens élèves de Imi étaient : Eli Avikzar, Raphy Elgrissi et Haim Zut.
Eli Avikzar a formé notamment : Eyal Yanilov, Haim Gideon, Kobi Lichtenstein et Richard Douieb qui a eu aussi pour enseignants Raphy Elgrissi et Haim Zut. Ces 4 personnes ont également été formées directement par Imi.
Aujourd'hui on distingue 6 organisations en Krav-Maga :
la F.E.K.M., l'I.K.M.A., l'I.K.M.F., le K.A.M.I.(qui est un dérivé), la K.M.A.A. et la K.M.S.A..


Les pratiquants du Krav Maga
Les utilisateurs du Krav Maga de par le monde.

  • Le Krav Maga (en hébreu : combat rapproché) est la self défense officielle et le système de combat adopté par l'armée, la police et les services de sécurité israéliens.


  • Aux Etats-Unis, cette self défense est trés répandue au sein des Forces de l'Ordre , notamment dans les "Swatt Team"qui sont des groupes d'intervention et certaines unités du FBI.


  • En Pologne, le Krav Maga est devenu la méthode de self-défense officelle dans de nombreuses unités de l'armée et de la police.


  • En France, Richard Douïeb a entraîné les hommes du GIGN (Groupe d'Intervention de la Gendarmerie Nationale) pendant 8 ans.


  • Au sein de la Police Nationale française, plusieurs officiers de sécurité du "GSPR" (Groupe de Sécurité de la Présidence de la République) ont inclu dans leur programme d'entraînement cette méthode de self défense. Force est de constater que de plus en plus de policiers notamment en Ile de France viennent apprendre le Krav Maga sur leur "temps libre".



SOURCE

http://www.kravmaga-france.fr/

source www.krav-maga.net

Le Krav Maga à Paris (Karaté Bushido n°164 Décembre 1989)

"Celui ou celle qui a une approche sincère des Arts Martiaux finira par faire surgir en lui ce qu'il a de meilleur ; je parle aussi bien de sa défense face à une agression physique que face aux multiples agressions de la vie quotidienne.[…]Evidemment le Krav Maga n'est pas le seul moyen pour s'élever moralement, loin s'en faut. Les arts, la religion et bien d'autres études sont en principe là pour ça. Il n'en demeure pas moins vrai que, bien que cela puisse paraître étrange au non-initié, il reste un excellent moyen de dépassement de soi. "


source : www.krav-maga.net

La self défense de Tsahal (Karaté Bushido n°183 Septembre 1991)

" - Quels sont les critères de base pour devenir un bon en Krav Maga ?

  • Tout d'abord aimer ça. On peut très bien n'avoir pratiqué aucun sport de combat au départ, et s'entraîner en Krav Maga pendant des années. Ou bien avoir déjà une bonne approche du combat et surtout bien ressentir les mouvements. A la bas aucune qualité spéciale n'est vraiment requise, mis à part la santé… Cette discipline convient aussi bien aux hommes qu'aux femmes, malheureusement ces dernières ne sont pas très nombreuses.



C'est dommage, puisque la self - défense est véritablement la discipline idéale pour la femme.

  • Comment se déroulent les cours, vous vous blessez souvent ?
  • Non, les règles de sécurité sont très précises. Il faut que l'on puisse apprendre à ne pas être limité face aux attaques des autres, mais apprendre à ne pas se blesser à chaque cours. Sinon, nous avons des protège-tibias, nous pratiquons avec et sans gants. L'entraînement en salle ne se fait pas uniquement sous forme de combats.


source : www.krav-maga.net

Les principes d'Imy Lichtenfeld (Karaté Bushido n°195 Octobre 1992)

" L'essence même du krav maga, littéralement "combat au contact", repose sur sept principes. Le premier est un principe de prévention assez général: éviter de se retrouver dans une situation dangereuse, par exemple si l'on fait de l'auto-stop, éviter les individus peu engageants; éviter de traverser à pieds un quartier dangereux en ville... Secondo, le krav maga est un art de self défense basé sur les réflexes naturels du corps humain. Troisièmement: se défendre et attaquer par la voie la plus courte et depuis la position où l'on se trouve, en privilégiant le minimum de prise de risque pour soi-même.

Quatrième principe: en fonction de la situation, et selon le besoin, en fonction du danger que représente l'adversaire, essayer de décourager celui-ci en parlant. Cinquièmement, on utilise les points sensibles du corps humain (yeux, gorge...) pour atteindre ou maîtriser l'adversaire. Sixième principe: essayer d'utiliser tous les objets à sa portée, puis les armes naturelles du corps. Enfin dernier principe, mais peut-être le plus réaliste: pas de loi, aucune limitation sur le plan des techniques, pas d'interdits, tous les coups sont permis. Une self-défense qui laisse donc une belle part à l'imagination... et qui se pratique aussi comme un sport."

source : www.krav-maga.net

La loi du Talion (Karaté Bushido n°216 Aout 1994)

" KB - Le G.I.G.N. s'est intéressé à votre méthode, le bilan
RD - Les gendarmes du G.I.G.N. se sont, en effet, intéressés au Krav Maga et après examen approfondi, leurs experts, ceintures noires avec des Dans dans différentes disciplines, l'ont adopté. A ce sujet, je dois souligner l'extrême satisfaction qui est mienne d'enseigner à cette unité d'élite . […]

KB - Vous avez été fortement impressionné lors de la première rencontre avec votre maître. Parlez - nous de cet événement.
RD - A mon recrutement dans l'armée en Israël en 74, j'étais déjà un passionné de sports de combat et je m'y étais plongé tête baissée avec une avidité quasi boulimique. A cette époque, Bruce Lee et les films dits de Karaté avaient largement contribué à faire connaître les Arts Martiaux, pour en donner une idée plus ou moins éloignée de la réalité, notamment très caricaturale des vieux maîtres au jeune garçon que j'étais encore. Dans le courant de mon service militaire, mon lieutenant décida de m'envoyer à un stage intensif pour devenir moniteur militaire de Krav Maga. C'est là, dés le premier jour, que je fis connaissance avec mon instructeur, Raphy Elgrissy, un des tous premiers élèves de Maître Lichtenfeld et qui, plus tard, continua de m'enseigner dans le civil. Occupés que nous étions à enregistrer les techniques, aucun d'entre les élèves n'avait remarqué, assis dans l'ombre, un vieux monsieur élégamment vêtu, observant attentivement la leçon en prenant soin de ne pas perturber le groupe. Après quelques minutes de cours, notre enseignant découvrit le premier la présence très discrète du spectateur. Immédiatement, son attitude se teinta d'un profond respect et il le pria de venir à ses côtés pour nous le présenter. A cette minute, je fis la connaissance de Maître Lichtenfeld (surnommé Imi), fondateur du Krav Maga, qui allait radicalement changer ma vision des Arts Martiaux et de la vie en général."


source : krav-maga.net

Spécial GIGN (Raids n°106 Mars 1995)
" Le Krav Maga - ou "combat avec contact" en hébreu - est le type de combats corps à corps et d'autodéfense officiel au sein du Tsahal, que de la police ou des services de sécurité israéliens. Ce sport de combat a été inventé par Imi Lichtenfeld, qui l'a ensuite développé au cours de sa longue carrière comme instructeur en chef du combat corps à corps dans l'amrée israelienne.
M. Lichtenfeld est né en Slovaquie en 1910. En 1940, après deux années d'aventures au sein de la Légion tchèque,il s'embarque pour un long voyage qui l'amènera finalement en Palestine. Il entre ensuite à la Haganah, l'organisation paramilitaire juive, où ses capacités sportives seront reconnues - son père lui avait enseigné des techniques d'autodéfense. Une fois l'indépendance proclamée en 1948 et Tsahal créée, Imi gravira durant vingt ans tous les échelons de l'armée pour devenir instructeur-chef de l'cole militaire de culture physique et de Krav Maga. Il y développera son systéme d'autodéfense et de combat corps à corps, le Krav Maga, se consacrant aux instructeurs et aux membres des unités d'élite de l'armée.
Le Krav Maga, généralisé dans un environnement ou la violence était journalière, comporte deux parties principales: l'autodéfense et le combat corps à corps. L'autodéfense est la base de cette discipline. Cela inclut toute une série de techniques dont le but est de donner à ceux qui les apprennent la posibilité de se défendre contre des actions hostiles, d'être en mesure d'avoir le dessus sur leur assaillant et d'éviter d'être bléssé. Cela comprend également les défenses contre toutes sortes d'agressions, coups de poing, coups de pied, étouffements, différentes prises et attaques à main armée ( avec couteau, arme à feu, grenade ou gourdin). L'élève apprend ainsi à appliquer les différentes méthodes de Krav Maga dans le maximum de situation familières ou inconnues (l'obscurité, les positions assise ou couchée...).
Le combat au corps à corps marque une base plus avancée du Krav Maga, où l'on apprend à neutraliser rapidement et efficacement son assaillant. Cele-ci met en oeuvre des éléments ayant trait au combat proprement dit: tactiques, feintes, attaques avec combinaisons de plusieurs techniques, dimension psychologique du combat, etc.
En réalité, le Krav Maga n'est pas une écoles d'art martiaux fondée sur des approches conventionnelles. Il s'agit d'un système moderne, caractérisé par un mode depensée cohérent et logique, qui permet de développer des méthodes pratiques, naturelles et faciles basées sur des mouvements relativements simples du corps humain. Cette discipline a prouvée sur le terrain qu'elle constituait une excellente technique d'autodéfense face à de graves dangers, et elle a obtenu l'approbation de différentes unités spéciales."

source : Krav-maga.net

Exclusif : La Méthode GIGN (Commando n°1 Juillet 1995)

" C - - Qu'est - ce qui différencie le Krav Maga des autres méthodes ?
RD - En Krav Maga on s'intéresse à ce qui marche. Si une technique est efficace et simple à exécuter, nous l'adoptons. L'esthétique nous importe peu. La réelle difficulté, chez nous, est d'apprendre ce qui est le plus simple, le plus logique. Celui qui nous attaque a un temps d'avance sur nous : il faut donc absolument que notre mouvement soit court et rapide. Toutes nos techniques sont basées sur ces principes.


C - Le Krav Maga est également enseigné dans différents pays, Israël et les U.S.A. entre autres ?
RD - Oui. En Israël, il n'est plus classé secret militaire depuis 1964. Il a été exporté aux Etats-Unis voici une vingtaine d'années, notamment à New York et Los Angeles. Récemment le chef de la police de Beverly Hills a rencontré un officier du G.I.G.N. Ils ont eu la surprise de découvrir qu'ils pratiquaient tous les deux le Krav Maga ! "


source : krav-maga.net

Exclusif : La Méthode GIGN (Commando n°1 Juillet 1995)

" C - - Qu'est - ce qui différencie le Krav Maga des autres méthodes ?
RD - En Krav Maga on s'intéresse à ce qui marche. Si une technique est efficace et simple à exécuter, nous l'adoptons. L'esthétique nous importe peu. La réelle difficulté, chez nous, est d'apprendre ce qui est le plus simple, le plus logique. Celui qui nous attaque a un temps d'avance sur nous : il faut donc absolument que notre mouvement soit court et rapide. Toutes nos techniques sont basées sur ces principes.


C - Le Krav Maga est également enseigné dans différents pays, Israël et les U.S.A. entre autres ?
RD - Oui. En Israël, il n'est plus classé secret militaire depuis 1964. Il a été exporté aux Etats-Unis voici une vingtaine d'années, notamment à New York et Los Angeles. Récemment le chef de la police de Beverly Hills a rencontré un officier du G.I.G.N. Ils ont eu la surprise de découvrir qu'ils pratiquaient tous les deux le Krav Maga ! "


source : www.krav-maga.net

1995)

"BI - [Votre discipline] Est-elle efficace en combat réel / self - défense ? Pensez - vous que ce soit nécessaire ?
RD - […] Je ne peux que répondre que le Krav Maga est efficace en combat réel. C'est même la seule raison d'être de cette discipline. Est-ce nécessaire d'appendre un Art efficace en combat réel ? Tout dépend du but recherché. Pour des unités anti - terroristes, il est évident que l'efficacité est indispensable. Pour des particuliers, c'est plutôt la volonté d'atteindre leur but, les moyens mis en œuvre et leur investissement personnel qui apporteront à ces pratiquant un épanouissement bénéfique.

C - Avez - vous une anecdote personnelle à propos de self - défense ?
RD - J'ai travaillé pendant douze ans comme agent de protection dans des endroits à risques. J'ai réuni pendant cette période un assez grand nombre d'anecdotes. Je me souvient avoir été attaqué par un homme qui brandissait une batte de base-ball. Une seconde avant le contact j'ai eu une inspiration. Sans même réfléchir je lui dis " Stop " en tendant la main vers lui. Complètement surpris par cette réaction inattendue il stoppa net. J'enchaînais aussitôt d'une voix calme. Déstabilisé, il se laissa embarquer dans un dialogue qui devait se terminer à la brasserie du centre commercial autour d'un verre. Je garde de cette aventure un excellent souvenir.

C - Comment considérez vous l'entraînement ?
RD - […]L'entraînement doit servir à nous apprendre à développer des qualités de l'esprit qui sont la rigueur, le courage, la subtilité, l'esprit d'entreprise et le respect des autres.

C - Et la compétition ?
RD - La compétition est un excellent moyen pour apprendre à se connaître, percevoir nos limites afin de s'en approcher le plus possible. Elle est unmoyen pour dominer ses émotions, peur ou haine, afin d'être plus performant. Elle apprend à accepter la défaite avec humilité sns être bloqué toutefois par la crainte de perdre. En un mot je n'en pense que du bien… sauf en ce qui concerne le Krav Maga qui ne doit être lié à aucune règle.

C - Aimez - vous d'autres disciplines martiales ? Pour quelles raisons ?
RD - Moi qui pratique un art Martial où, en aucun cas, on ne peut aller au bout de son action, sous peine d'endommager gravement le partenaire, j'aime toutes les disciplines où on ne fait pas semblant : les boxes thaïs, américaines, anglaises, le Judo…Dans aucune de ces discipline on ne peut tricher. Avec les pendules constamment remises à l'heure, la trajectoire de l'esprit reste bien en place, permettant une plus grande stabilité au pratiquant.

C - Si vous aviez le pouvoir de changer quelque chose dans l'état d'esprit de vos étudiants, ce serait quoi ?
RD - Je n'ai absolument pas le désir de changer l'état d'esprit de mes étudiants. Chacun vient avec ses points forts et ses points faibles. Je ne crois pas que l'état d'esprit puisse changer en deux fois par semaine. En revanche je veux renforcer les points forts et limiter les points faibles. Changer l'état d'esprit, je n'y crois pas, s'améliorer, oui très certainement."

source : www-kravmaga.net

Le Krav Maga (J3 n°9 Janvier / Février 1997)
" J3 - Que peut apporter le Krav Maga ?
RD - Assurance, développement de la condition physique et psychique. Le Krav Maga développe la capacité, pour chaque individu, à gérer un stress et ainsi à pouvoir parfois désamorcer verbalement l'agressivité d'un adversaire."

source : www.krav-maga.net

La préparation mentale (Ceinture Noire Hors Série n°1)

La préparation mentale joue un rôle essentiel. En effet, en cas d'agression, si l'on arrive pas à gérer son stress, la meilleure technique au monde ne servira à rien. Avec Richard Douieb, représentant officiel du Krav-Maga en Europe, nous avons fait le point sur cette question. En quoi la compétition peut apporter quelque chose ? Comment apprendre à maîtriser son stress ? Comment réagir face à un danger mortel ? Avec sa double expérience de compétition (il a été champion de France de Boxe Américaine) et de combattant (membre des commandos israéliens), Richard Douieb nous a semblé parfaitement qualifié pour répondre à ces questions.

C.N. : Richard, tu as pratiqué la Boxe Américaine, tu as même été champion de France. En quoi cela t'a-t-il aidé au niveau de la préparation mentale ?

Richard Douieb : J'ai d'abord pratiqué le Kravmaga. Il m'a semblé que la compétition pouvait m'aider à compléter ma préparation car même s'il ne s'agit pas d'un affrontement réel, il y a quand même des risques. On ne fait pas semblant, on peut parfois aller jusqu'au K.O. Et là, le mental intervient. Même si on est prêt physiquement et techniquement, sans mental cela ne sert à rien. Petit à petit, la compétition permet d'apprendre à gérer le stress d'un véritable affrontement.

C.N. : Que ressentais-tu avant de monter sur le ring ?

R.D. : C'est différent de la bagarre de rue. Le Kravmaga a pour vocation la self-défense, et là on ne sait pas à l'avance qu'il y aura un combat, si ce n'est les trois secondes qui précèdent. En général, il y a d'abord un affrontement verbal durant lequel on peut éprouver la peur. En compétition, on sait deux mois à l'avance qu'il va y avoir un combat. Trois semaines avant, on commence à y penser sérieusement, à éprouver la peur. C'est cette peur qu'il faut accepter, maîtriser, une fois qu'on a intégré l'idée qu'on pourrait être blessé ou victime d'un K.O., on est fin prêt pour le combat. A ce moment là, lorsqu'on monte sur le ring, on est tranquille, on est bien.

C.N. : Comment as-tu évolué entre tes premiers combats et tes derniers combats de boxe ?

R.D. : Lors de mes premiers combats, je pensais qu'il fallait détester mon adversaire pour être au meilleur de moi-même et pour le vaincre. En fait, je me suis aperçu que la colère était un parasite qui m'empêchait d'atteindre mon plus haut niveau personnel. Petit à petit, je suis devenu plus tranquille. Etant plus serein, j'ai réussi à éliminer les éléments parasites : la peur, la colère... Et ainsi, aller au bout de mes limites. Pendant ma dernière année de compétition, l'enjeu n'était pas très important, je n'avait pas d'amis qui venaient me voir combattre. J'étais plus relax, j'avais moins peur de décevoir. Sur huit combats j'ai gagné les six derniers par K.O. J'étais détaché, et en même temps appliqué, j'essayais de faire de mon mieux.

C.N. : Donc tu penses que la compétition peut jouer un rôle dans la préparation mentale

R.D. : La compétition peut être un passage. Moi, ça m'a beaucoup aidé mais ce n'est pas une finalité. Il y a des points négatifs comme se demander sans cesse si on est le meilleur. Cela n'est pas Don. L'important c'est d'être au mieux de ses capacités.

CN. : Parles nous de la gestion du stress.

R.D. : Mon maître, Imi Lichtenfeld, m'en a longuement parlé. Le stress, c'est quelque chose que l'on doit affronter. A partir du moment où il est suffisamment faible, on va pouvoir le surmonter et on sortira endurci de l'épreuve. On pourra alors affronter un stress supérieur parce qu'on aura l'expérience d'un premier stress sur-monté. La fois suivante, le stress ne doit pas être trop grand. Il ne faut pas brûler les étapes, sinon l'assurance s'en va et la peur revient. Pour maîtriser le stress, il faut procéder étapes par étapes, petit à petit, en augmentant la dose de stress progressivement. C'est comme la condition physique ou la mémoire. Une fois que l'on sait cela, à nous de trouver les exercices et la psychologie nécessaires afin de faire progresser nos élèves.

C.N. : En Israël, tu as fait partie d'unités de commando, et tu as connu l'expérience du combat réel. Est-ce que le stress que l'on peut ressentir dans ces moments là est comparable ?

R.D. : J'ai participé à des affrontements très rapides. A ces moments là, je n'ai pas eu de stress véritable, comme sur un ring par exemple. Je ne me sentais pas seul, j'étais au sein d'un groupe commando. En plus, on avait suivi une préparation mentale spécifique. Pendant les six premiers mois, je faisait partie d'une unité, les Golani, formé essentiellement de voyous, de délinquants : il y avait sans arrêt des bagarres. Ça, plus les entraînements, le manque de sommeil, le stress que nous procuraient nos supérieurs... Finalement, le stress du combat réel était inférieur à celui rencontré les premiers mois à l'armée ! Après ces six premiers mois, j'ai intégré une unité de commandos. Là, l'ambiance était bien meilleure et la préparation qu'on subissait permettait d'avoir un excellent mental.

C.N. : L'idéal du Budo, des arts martiaux japonais, est incarné par le samouraï qui reste impassible face à la mort. Qu'en penses-tu ?

R.D. : Les arts martiaux peuvent permettre d'arriver à ce stade effectivement. Mais tout dépend de l'individu : c'est lui qui fait de sa pratique un art martial, il y a des gens qui vont dans une salle pour faire un peu de sport, ou pour avoir une activité ludique. Certains veulent apprendre des trucs qui marchent à tous les coups, sans avoir d'effort à faire. Celui qui s'implique réellement fera de sa pratique une self-défense, un sport de combat ou un art martial, s'il y met une partie de sa vie. Si l'on s'entraîne deux fols par semaine et qu'on dehors des cours on ne pense jamais à sa pratique, on fait autre chose qu'un art martial.

C.N. : Est-ce que le fait de s'être trouvé face à la mort a eu une incidence sur la pratique martiale ?

R.D. : Oui, à condition que celui qui s'est trouvé face à la mort ait accepté cette idée et ait décidé de surmonter le risque. Si face au risque il s'est comporté comme une victime, il va régresser. C'est pour cela que la préparation est importante.

C.N. : Cela veut-il dire qu'il faille accepter l'idée de la mort pour surmonter l'épreuve ?

R.D. : c'est clair ! Mais il s'agit d'un travail préalable. Parfois, on a pas le temps de réfléchir et on a la bonne réaction. Cela va alors nous renforcer, c'est un réflexe très positif. Mais le véritable travail c'est d'accepter l'idée qu'on va peut être mourir tout en aimant la vie : à ce moment là, on en sortira renforcé.

C.N. : Un vieux proverbe dit : "Il faut se vouloir se battre sans vouloir gagner, mais sans vouloir perdre". Qu'en penses-tu ?

R.D. : Je suis d'accord avec ça : si l'on veut gagner, on est parasité par les émotions. Mais en revanche, on ne doit pas avoir une seconde l'idée que l'on va perdre au moment de l'affrontement. On peut y réfléchir avant, et non pendant, on ne s'appliquer au mieux de ce que l'on peut faire, comme un élève consciencieux.

C.N. : Pour finir, j'aimerais que tu nous racontes la fois où tu as vaincu sans te battre ?

R.D. : J'étais agent de sécurité dans un centre commercial Je m'étais fait agresser par un garçon à qui j'ai dû casser la figure. Son frère est revenu avec une batte de base-ball, il était à l'extrémité de la galerie, à environ deux cent mètre de moi. Il a couru vers moi pour me frapper. A quelques mètres, je me suis dit : qu'est-ce que je fait ? Soit je lui rentre dedans, mais on n'est jamais sûr de gagner, soit je m'en vais en courant, mais je perds mon travail et ce n'est pas la solution. J'ai, alors, eu un éclair de génie. J'ai crié au gars : stop ! Il a arrêté net, il a été surpris, complètement désarçonné par ma réaction. Et là, je lui ai dit : « Tu ne vas pas me frapper comme ça avec une batte de base-ball. Tu ne te rends pas compte des dégâts ! « II était sous le choc de la stupeur et j'en ai profité pour le prendre par le bras : "Allez viens, on va boire un coup. Il faut qu'on discute de tout ça, apparemment, tu ne m'a pas bien compris". Il y a des moments favorables pour attaquer quelqu'un avant ou après que sa colère n'atteigne son paroxysme. Si l'on contre-attaque à l'instant où sa colère est au maximum, ce n'est pas malin. Dans mon cas, ce garçon avait couru cent mètres en brandissant une batte de base-ball, en criant, en m'insultant : c'est beaucoup d'énergie dépensée. Le paroxysme de sa colère était passé. Donc, j'ai fait une attaque psychologique au bon moment et tout ça s'est terminé autour d'un verre. Pour finir, il est rentré donner une raclée à son frère qui n'aurait pas du se comporter ainsi !


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La préparation mentale (Ceinture Noire Hors Série n°1)

La préparation mentale joue un rôle essentiel. En effet, en cas d'agression, si l'on arrive pas à gérer son stress, la meilleure technique au monde ne servira à rien. Avec Richard Douieb, représentant officiel du Krav-Maga en Europe, nous avons fait le point sur cette question. En quoi la compétition peut apporter quelque chose ? Comment apprendre à maîtriser son stress ? Comment réagir face à un danger mortel ? Avec sa double expérience de compétition (il a été champion de France de Boxe Américaine) et de combattant (membre des commandos israéliens), Richard Douieb nous a semblé parfaitement qualifié pour répondre à ces questions.

C.N. : Richard, tu as pratiqué la Boxe Américaine, tu as même été champion de France. En quoi cela t'a-t-il aidé au niveau de la préparation mentale ?

Richard Douieb : J'ai d'abord pratiqué le Kravmaga. Il m'a semblé que la compétition pouvait m'aider à compléter ma préparation car même s'il ne s'agit pas d'un affrontement réel, il y a quand même des risques. On ne fait pas semblant, on peut parfois aller jusqu'au K.O. Et là, le mental intervient. Même si on est prêt physiquement et techniquement, sans mental cela ne sert à rien. Petit à petit, la compétition permet d'apprendre à gérer le stress d'un véritable affrontement.

C.N. : Que ressentais-tu avant de monter sur le ring ?

R.D. : C'est différent de la bagarre de rue. Le Kravmaga a pour vocation la self-défense, et là on ne sait pas à l'avance qu'il y aura un combat, si ce n'est les trois secondes qui précèdent. En général, il y a d'abord un affrontement verbal durant lequel on peut éprouver la peur. En compétition, on sait deux mois à l'avance qu'il va y avoir un combat. Trois semaines avant, on commence à y penser sérieusement, à éprouver la peur. C'est cette peur qu'il faut accepter, maîtriser, une fois qu'on a intégré l'idée qu'on pourrait être blessé ou victime d'un K.O., on est fin prêt pour le combat. A ce moment là, lorsqu'on monte sur le ring, on est tranquille, on est bien.

C.N. : Comment as-tu évolué entre tes premiers combats et tes derniers combats de boxe ?

R.D. : Lors de mes premiers combats, je pensais qu'il fallait détester mon adversaire pour être au meilleur de moi-même et pour le vaincre. En fait, je me suis aperçu que la colère était un parasite qui m'empêchait d'atteindre mon plus haut niveau personnel. Petit à petit, je suis devenu plus tranquille. Etant plus serein, j'ai réussi à éliminer les éléments parasites : la peur, la colère... Et ainsi, aller au bout de mes limites. Pendant ma dernière année de compétition, l'enjeu n'était pas très important, je n'avait pas d'amis qui venaient me voir combattre. J'étais plus relax, j'avais moins peur de décevoir. Sur huit combats j'ai gagné les six derniers par K.O. J'étais détaché, et en même temps appliqué, j'essayais de faire de mon mieux.

C.N. : Donc tu penses que la compétition peut jouer un rôle dans la préparation mentale

R.D. : La compétition peut être un passage. Moi, ça m'a beaucoup aidé mais ce n'est pas une finalité. Il y a des points négatifs comme se demander sans cesse si on est le meilleur. Cela n'est pas Don. L'important c'est d'être au mieux de ses capacités.

CN. : Parles nous de la gestion du stress.

R.D. : Mon maître, Imi Lichtenfeld, m'en a longuement parlé. Le stress, c'est quelque chose que l'on doit affronter. A partir du moment où il est suffisamment faible, on va pouvoir le surmonter et on sortira endurci de l'épreuve. On pourra alors affronter un stress supérieur parce qu'on aura l'expérience d'un premier stress sur-monté. La fois suivante, le stress ne doit pas être trop grand. Il ne faut pas brûler les étapes, sinon l'assurance s'en va et la peur revient. Pour maîtriser le stress, il faut procéder étapes par étapes, petit à petit, en augmentant la dose de stress progressivement. C'est comme la condition physique ou la mémoire. Une fois que l'on sait cela, à nous de trouver les exercices et la psychologie nécessaires afin de faire progresser nos élèves.

C.N. : En Israël, tu as fait partie d'unités de commando, et tu as connu l'expérience du combat réel. Est-ce que le stress que l'on peut ressentir dans ces moments là est comparable ?

R.D. : J'ai participé à des affrontements très rapides. A ces moments là, je n'ai pas eu de stress véritable, comme sur un ring par exemple. Je ne me sentais pas seul, j'étais au sein d'un groupe commando. En plus, on avait suivi une préparation mentale spécifique. Pendant les six premiers mois, je faisait partie d'une unité, les Golani, formé essentiellement de voyous, de délinquants : il y avait sans arrêt des bagarres. Ça, plus les entraînements, le manque de sommeil, le stress que nous procuraient nos supérieurs... Finalement, le stress du combat réel était inférieur à celui rencontré les premiers mois à l'armée ! Après ces six premiers mois, j'ai intégré une unité de commandos. Là, l'ambiance était bien meilleure et la préparation qu'on subissait permettait d'avoir un excellent mental.

C.N. : L'idéal du Budo, des arts martiaux japonais, est incarné par le samouraï qui reste impassible face à la mort. Qu'en penses-tu ?

R.D. : Les arts martiaux peuvent permettre d'arriver à ce stade effectivement. Mais tout dépend de l'individu : c'est lui qui fait de sa pratique un art martial, il y a des gens qui vont dans une salle pour faire un peu de sport, ou pour avoir une activité ludique. Certains veulent apprendre des trucs qui marchent à tous les coups, sans avoir d'effort à faire. Celui qui s'implique réellement fera de sa pratique une self-défense, un sport de combat ou un art martial, s'il y met une partie de sa vie. Si l'on s'entraîne deux fols par semaine et qu'on dehors des cours on ne pense jamais à sa pratique, on fait autre chose qu'un art martial.

C.N. : Est-ce que le fait de s'être trouvé face à la mort a eu une incidence sur la pratique martiale ?

R.D. : Oui, à condition que celui qui s'est trouvé face à la mort ait accepté cette idée et ait décidé de surmonter le risque. Si face au risque il s'est comporté comme une victime, il va régresser. C'est pour cela que la préparation est importante.

C.N. : Cela veut-il dire qu'il faille accepter l'idée de la mort pour surmonter l'épreuve ?

R.D. : c'est clair ! Mais il s'agit d'un travail préalable. Parfois, on a pas le temps de réfléchir et on a la bonne réaction. Cela va alors nous renforcer, c'est un réflexe très positif. Mais le véritable travail c'est d'accepter l'idée qu'on va peut être mourir tout en aimant la vie : à ce moment là, on en sortira renforcé.

C.N. : Un vieux proverbe dit : "Il faut se vouloir se battre sans vouloir gagner, mais sans vouloir perdre". Qu'en penses-tu ?

R.D. : Je suis d'accord avec ça : si l'on veut gagner, on est parasité par les émotions. Mais en revanche, on ne doit pas avoir une seconde l'idée que l'on va perdre au moment de l'affrontement. On peut y réfléchir avant, et non pendant, on ne s'appliquer au mieux de ce que l'on peut faire, comme un élève consciencieux.

C.N. : Pour finir, j'aimerais que tu nous racontes la fois où tu as vaincu sans te battre ?

R.D. : J'étais agent de sécurité dans un centre commercial Je m'étais fait agresser par un garçon à qui j'ai dû casser la figure. Son frère est revenu avec une batte de base-ball, il était à l'extrémité de la galerie, à environ deux cent mètre de moi. Il a couru vers moi pour me frapper. A quelques mètres, je me suis dit : qu'est-ce que je fait ? Soit je lui rentre dedans, mais on n'est jamais sûr de gagner, soit je m'en vais en courant, mais je perds mon travail et ce n'est pas la solution. J'ai, alors, eu un éclair de génie. J'ai crié au gars : stop ! Il a arrêté net, il a été surpris, complètement désarçonné par ma réaction. Et là, je lui ai dit : « Tu ne vas pas me frapper comme ça avec une batte de base-ball. Tu ne te rends pas compte des dégâts ! « II était sous le choc de la stupeur et j'en ai profité pour le prendre par le bras : "Allez viens, on va boire un coup. Il faut qu'on discute de tout ça, apparemment, tu ne m'a pas bien compris". Il y a des moments favorables pour attaquer quelqu'un avant ou après que sa colère n'atteigne son paroxysme. Si l'on contre-attaque à l'instant où sa colère est au maximum, ce n'est pas malin. Dans mon cas, ce garçon avait couru cent mètres en brandissant une batte de base-ball, en criant, en m'insultant : c'est beaucoup d'énergie dépensée. Le paroxysme de sa colère était passé. Donc, j'ai fait une attaque psychologique au bon moment et tout ça s'est terminé autour d'un verre. Pour finir, il est rentré donner une raclée à son frère qui n'aurait pas du se comporter ainsi !


source : www.krav-maga.net

L'efficacité par la simplicité (Commando n°1 - Novembre 2002)

Depuis 9 ans, le GIGN a adopté le Krav-Maga pour son entraînement en self-défense. Avec Richard Douieb, représentant officiel du Krav-Maga en Europe et pionnier de cette discipline en France, retour sur un art encore peu connu du grand public.

Commando : Quelle est l'originalité du Krav-Maga par rapport à d'autres méthodes de Self-défense ?

Richard Douieb : Le Krav-Maga a été conçu dès le départ pour être une méthode de Self-défense. Aujourd'hui, des méthodes de Self-défense sont conçues à partir des arts martiaux traditionnels ou à partir de sports de combat : ces méthodes ont donc suivi l'évolution inverse. Tout notre système a toujours été conçu autour de l'efficacité maximum. Notre méthode n'est pas passée par un sport. Mais il est possible de faire une formation en Krav-Maga et ensuite un sport de combat, comme la boxe américaine que j'ai pratiquée ou autre chose. Maintenant, cela ne reste qu'un moyen qui nous servira à acquérir de l'expérience. Il ne faut pas perdre de vue le but initial, qui est une self-défense complète, sans fioriture.



C. : Le Krav-Maga a été adopté par plusieurs unités dans le monde. Par le GIGN en France, la Police de Los Angeles et certaines unités du FBI américain...

R. D. : Oui, j'ai un collègue, Daren Levan, qui a bien fait connaître le Krav-Maga aux Etats-Unis; il a effectivement introduit cette méthode dans plusieurs unités du FBI et dans plusieurs services de Police: Los Angeles, Chicago, Boston, etc. Le Krav-Maga est très connu là-bas. Il y a aussi des gens comme Oleg Taktarov, qui sont sortis avec les honneurs de l'Ultimate Fighting; aujourd'hui ils apprennent le Krav-Maga, et ils sont fiers de dire qu'ils sont pratiquants de Krav-Maga. Au Brésil, j'ai aussi un collègue qui enseigne le Krav-Maga dans les unités d'intervention, comme moi en France avec le GIGN.

C. : Justement, est-ce que le Krav-Maga ne serait pas davantage adapté à des unités d'élite plutôt qu'à un travail de police normal, car la riposte paraît, je ne dirais pas violente mais assez forte ?

R.D. : Il faut savoir que "qui peut le plus peut le moins". Les gens qui ont appris la self-défense de la police, la self-défense attitrée à l'école de police, savent qu'ils ne peuvent arrêter personne avec cette méthode ; eux-mêmes viennent me dire qu'ils recherchent des méthodes plus efficaces. Un exemple ; si quelqu'un ne peut pas pratiquer une clé sur un fou furieux, parce que c'est tout à fait impossible, il tentera d'utiliser son arme de poing et arrivera à un niveau beaucoup plus violent et dangereux qu'il ne le souhaiterait. Il serait préférable qu'il utilise une méthode un peu comme la nôtre, avec un esprit équilibré, rationnel et lucide : cela permettrait d'aller moins loin dans sa contre-attaque.

C. : Par rapport aux événements du 11 septembre, on se pose la question: qu'est-ce qu'on aurait pu faire pour empêcher cela, et que faire pour empêcher que cela se reproduise ?

R. D. : Si on voit les Israéliens, c'est surtout la prévention : il n'y a pas un avion d'El Al qui ait été attaqué par un terroriste ; si ce n'est pas arrivé, c'est qu'ils ne laissent pas rentrer les terroristes dans l'avion. A partir du moment où c'est arrivé, dès maintenant, on sait qu'il s'agit d'une nouvelle guerre, celle qu'on appelle la guérie du XXIe siècle, une guerre contre le terrorisme, A partir de là, il faut absolument former le personnel de bord. Les former aux techniques de sports de combat et surtout de self-défense dans des espaces confinés, à l'endroit où l'on sort les plateaux, dans les couloirs des avions, depuis une position assise, donc des espaces extrêmement restreints, et puis également les former au courage, le courage c'est comme un muscle ou comme la mémoire : cela se travaille, il faut des stages et des cours pour cela.

C. : Et le fait d'avoir des gardes armés en civil dans les avions, comme cela se pratique dans certaines compagnies ?

R. D. : Il ne faut rien négliger, mais pour ne pas percer la carlingue, on utilise des petits calibres, du 22; et puis, il faut savoir réagir contre une menace au couteau, au pistolet... Car on peut amener une arme à bord si le pistolet est en plastique avec des balles de caoutchouc. On peut avoir à se défendre contre des cutters qui passent quand ils sont en plastique, des explosifs dans les chaussures : on ne peut pas tout fouiller, il faut réfléchir à tout cela très sérieusement.

C. : Tu as introduit le Krav-Maga en France en quelle année ?

R. D. : J'ai introduit cette discipline en France en 1987. Cela fait quinze ans, et aujourd'hui nous regroupons une trentaine d'associations en France, environ 1400 pratiquants ; et aussi des fédérations qui commencent à se structurer, en Belgique, en Suisse, en Italie, en Finlande, dans des endroits comme l'Ile de la Réunion, en Pologne, à Monaco, au Luxembourg : au total, nous avons aujourd'hui dépassé les 2000 pratiquants affiliés à notre fédération.

C. : Quels sont vos projets, vos perspectives de développement ?

R. D. : Nos perspectives de développements sont très grandes, car on a vraiment une structure solide, qui donne aux pratiquants les moyens de se former pour être de bons enseignants. Il y a trois niveaux d'enseignement : initiateur pour le premier niveau, puis aide-moniteur et ensuite moniteur. La personne qui est moniteur doit posséder la ceinture noire. Donc, il doit passer ses ceintures.

C. : Quels sont les grades dans le Krav-Maga ?

R. D. : Les grades et les ceintures sont les mêmes que dans le judo, conformément au souhait de maître Imi Lichtenfeld, le créateur du Krav-Maga : il avait décidé d'adopter dans les années 60 ce système de ceintures.

C. : Est-ce que le Krav-Maga est-ce une méthode destinée aux civils, ou plus particulièrement à l'armée ou à la police ?

R. D. : Mon objectif est de faire du Krav-Maga une institution ; pour cela, il me semble très important d'avoir des priorités, une unité et une cohésion au sein de la fédération. Il y a des gens qui sont là depuis cinq, dix ou quinze ans et qui se sentent bien. Pour les nouveaux arrivés, il faut une structure qui ne les rackette pas, mais il faut également l'homogénéité des techniques, que tous pratiquent la même chose. Pour cela, chaque année il y a un séminaire gratuit qui regroupe les enseignants des différents niveaux. Ceux qui ont plus de trente élèves ne paient rien. Ce séminaire se déroule chaque année pendant les 3 jours de la Pentecôte ; de cette façon, nous homogénéisons toutes les techniques, nous revoyons régulièrement les techniques de base et les techniques avancées.

C. : Est-ce qu'il y a eu progression du Krav-Maga depuis quinze ans ?

R. D.: J'ai eu la chance d'avoir Imi comme maître : il a fait le meilleur travail qui soit pour ses enseignants proches, il nous a donné les bases et la possibilité de réfléchir sur le Krav-Maga. Certains sont restés très près de l'enseignement de maître Imi, et quand je retrouve ces enseignants après plusieurs années, sans nous être concertés, nous avons fait des techniques évoluées qui sont les mêmes. Parfois, alors que nous pensons faire évoluer la discipline et que l'on se prend pour des novateurs, nous ne le sommes pas, car en réalité il n'y a que peu de techniques nouvelles, et c'est davantage dans des mouvements, dans une manière de ressentir qu'est l'évolution. Pour dire combien les bases sont justes et reposent sur du solide.

C. : Le Krav-Maga est-il destiné aux civils, ou bien aux policiers et aux militaires ?

R. D.: C'est une question qui revient souvent : est-ce que le Krav-Maga est une self-défense, un sport de combat ou un art martial ? En fait, c'est le pratiquant qui en fera ce qu'il veut. Si le pratiquant veut en faire un loisir ou un sport de loisir, il le pourra. Si le pratiquant est un sportif qui veut améliorer son rythme cardiaque, ce sera un sport de combat, avec des gants, etc. S'il veut en faire un art, et bien ce sera un art martial. Il peut être abordé dans l'optique du policier, avec la maîtrise, le contrôle, un minimum de coups dans la mesure du possible, si l'agresseur n'est pas trop dangereux.

C. : Donc, tout le monde peut pratiquer du Krav-Maga ?

R. D. : C'est ouvert à tous, aussi bien pour le civil que le policier. Il ne faut pas venir uniquement pour dire : je vais apprendre à sauver ma peau, mais il faut trouver cela amusant, être piqué au jeu, pour progresser.

source : www.krav-maga.net

L'efficacité par la simplicité (Commando n°1 - Novembre 2002)

Depuis 9 ans, le GIGN a adopté le Krav-Maga pour son entraînement en self-défense. Avec Richard Douieb, représentant officiel du Krav-Maga en Europe et pionnier de cette discipline en France, retour sur un art encore peu connu du grand public.

Commando : Quelle est l'originalité du Krav-Maga par rapport à d'autres méthodes de Self-défense ?

Richard Douieb : Le Krav-Maga a été conçu dès le départ pour être une méthode de Self-défense. Aujourd'hui, des méthodes de Self-défense sont conçues à partir des arts martiaux traditionnels ou à partir de sports de combat : ces méthodes ont donc suivi l'évolution inverse. Tout notre système a toujours été conçu autour de l'efficacité maximum. Notre méthode n'est pas passée par un sport. Mais il est possible de faire une formation en Krav-Maga et ensuite un sport de combat, comme la boxe américaine que j'ai pratiquée ou autre chose. Maintenant, cela ne reste qu'un moyen qui nous servira à acquérir de l'expérience. Il ne faut pas perdre de vue le but initial, qui est une self-défense complète, sans fioriture.



C. : Le Krav-Maga a été adopté par plusieurs unités dans le monde. Par le GIGN en France, la Police de Los Angeles et certaines unités du FBI américain...

R. D. : Oui, j'ai un collègue, Daren Levan, qui a bien fait connaître le Krav-Maga aux Etats-Unis; il a effectivement introduit cette méthode dans plusieurs unités du FBI et dans plusieurs services de Police: Los Angeles, Chicago, Boston, etc. Le Krav-Maga est très connu là-bas. Il y a aussi des gens comme Oleg Taktarov, qui sont sortis avec les honneurs de l'Ultimate Fighting; aujourd'hui ils apprennent le Krav-Maga, et ils sont fiers de dire qu'ils sont pratiquants de Krav-Maga. Au Brésil, j'ai aussi un collègue qui enseigne le Krav-Maga dans les unités d'intervention, comme moi en France avec le GIGN.

C. : Justement, est-ce que le Krav-Maga ne serait pas davantage adapté à des unités d'élite plutôt qu'à un travail de police normal, car la riposte paraît, je ne dirais pas violente mais assez forte ?

R.D. : Il faut savoir que "qui peut le plus peut le moins". Les gens qui ont appris la self-défense de la police, la self-défense attitrée à l'école de police, savent qu'ils ne peuvent arrêter personne avec cette méthode ; eux-mêmes viennent me dire qu'ils recherchent des méthodes plus efficaces. Un exemple ; si quelqu'un ne peut pas pratiquer une clé sur un fou furieux, parce que c'est tout à fait impossible, il tentera d'utiliser son arme de poing et arrivera à un niveau beaucoup plus violent et dangereux qu'il ne le souhaiterait. Il serait préférable qu'il utilise une méthode un peu comme la nôtre, avec un esprit équilibré, rationnel et lucide : cela permettrait d'aller moins loin dans sa contre-attaque.

C. : Par rapport aux événements du 11 septembre, on se pose la question: qu'est-ce qu'on aurait pu faire pour empêcher cela, et que faire pour empêcher que cela se reproduise ?

R. D. : Si on voit les Israéliens, c'est surtout la prévention : il n'y a pas un avion d'El Al qui ait été attaqué par un terroriste ; si ce n'est pas arrivé, c'est qu'ils ne laissent pas rentrer les terroristes dans l'avion. A partir du moment où c'est arrivé, dès maintenant, on sait qu'il s'agit d'une nouvelle guerre, celle qu'on appelle la guérie du XXIe siècle, une guerre contre le terrorisme, A partir de là, il faut absolument former le personnel de bord. Les former aux techniques de sports de combat et surtout de self-défense dans des espaces confinés, à l'endroit où l'on sort les plateaux, dans les couloirs des avions, depuis une position assise, donc des espaces extrêmement restreints, et puis également les former au courage, le courage c'est comme un muscle ou comme la mémoire : cela se travaille, il faut des stages et des cours pour cela.

C. : Et le fait d'avoir des gardes armés en civil dans les avions, comme cela se pratique dans certaines compagnies ?

R. D. : Il ne faut rien négliger, mais pour ne pas percer la carlingue, on utilise des petits calibres, du 22; et puis, il faut savoir réagir contre une menace au couteau, au pistolet... Car on peut amener une arme à bord si le pistolet est en plastique avec des balles de caoutchouc. On peut avoir à se défendre contre des cutters qui passent quand ils sont en plastique, des explosifs dans les chaussures : on ne peut pas tout fouiller, il faut réfléchir à tout cela très sérieusement.

C. : Tu as introduit le Krav-Maga en France en quelle année ?

R. D. : J'ai introduit cette discipline en France en 1987. Cela fait quinze ans, et aujourd'hui nous regroupons une trentaine d'associations en France, environ 1400 pratiquants ; et aussi des fédérations qui commencent à se structurer, en Belgique, en Suisse, en Italie, en Finlande, dans des endroits comme l'Ile de la Réunion, en Pologne, à Monaco, au Luxembourg : au total, nous avons aujourd'hui dépassé les 2000 pratiquants affiliés à notre fédération.

C. : Quels sont vos projets, vos perspectives de développement ?

R. D. : Nos perspectives de développements sont très grandes, car on a vraiment une structure solide, qui donne aux pratiquants les moyens de se former pour être de bons enseignants. Il y a trois niveaux d'enseignement : initiateur pour le premier niveau, puis aide-moniteur et ensuite moniteur. La personne qui est moniteur doit posséder la ceinture noire. Donc, il doit passer ses ceintures.

C. : Quels sont les grades dans le Krav-Maga ?

R. D. : Les grades et les ceintures sont les mêmes que dans le judo, conformément au souhait de maître Imi Lichtenfeld, le créateur du Krav-Maga : il avait décidé d'adopter dans les années 60 ce système de ceintures.

C. : Est-ce que le Krav-Maga est-ce une méthode destinée aux civils, ou plus particulièrement à l'armée ou à la police ?

R. D. : Mon objectif est de faire du Krav-Maga une institution ; pour cela, il me semble très important d'avoir des priorités, une unité et une cohésion au sein de la fédération. Il y a des gens qui sont là depuis cinq, dix ou quinze ans et qui se sentent bien. Pour les nouveaux arrivés, il faut une structure qui ne les rackette pas, mais il faut également l'homogénéité des techniques, que tous pratiquent la même chose. Pour cela, chaque année il y a un séminaire gratuit qui regroupe les enseignants des différents niveaux. Ceux qui ont plus de trente élèves ne paient rien. Ce séminaire se déroule chaque année pendant les 3 jours de la Pentecôte ; de cette façon, nous homogénéisons toutes les techniques, nous revoyons régulièrement les techniques de base et les techniques avancées.

C. : Est-ce qu'il y a eu progression du Krav-Maga depuis quinze ans ?

R. D.: J'ai eu la chance d'avoir Imi comme maître : il a fait le meilleur travail qui soit pour ses enseignants proches, il nous a donné les bases et la possibilité de réfléchir sur le Krav-Maga. Certains sont restés très près de l'enseignement de maître Imi, et quand je retrouve ces enseignants après plusieurs années, sans nous être concertés, nous avons fait des techniques évoluées qui sont les mêmes. Parfois, alors que nous pensons faire évoluer la discipline et que l'on se prend pour des novateurs, nous ne le sommes pas, car en réalité il n'y a que peu de techniques nouvelles, et c'est davantage dans des mouvements, dans une manière de ressentir qu'est l'évolution. Pour dire combien les bases sont justes et reposent sur du solide.

C. : Le Krav-Maga est-il destiné aux civils, ou bien aux policiers et aux militaires ?

R. D.: C'est une question qui revient souvent : est-ce que le Krav-Maga est une self-défense, un sport de combat ou un art martial ? En fait, c'est le pratiquant qui en fera ce qu'il veut. Si le pratiquant veut en faire un loisir ou un sport de loisir, il le pourra. Si le pratiquant est un sportif qui veut améliorer son rythme cardiaque, ce sera un sport de combat, avec des gants, etc. S'il veut en faire un art, et bien ce sera un art martial. Il peut être abordé dans l'optique du policier, avec la maîtrise, le contrôle, un minimum de coups dans la mesure du possible, si l'agresseur n'est pas trop dangereux.

C. : Donc, tout le monde peut pratiquer du Krav-Maga ?

R. D. : C'est ouvert à tous, aussi bien pour le civil que le policier. Il ne faut pas venir uniquement pour dire : je vais apprendre à sauver ma peau, mais il faut trouver cela amusant, être piqué au jeu, pour progresser.

source : www.krav-maga.net

Héritier du Krav-maga (Karaté Bushido - Octobre 2002)

Direct et efficace, la maxime de Krav-maga, peut aussi s'appliquer à sa propre évolution sur le plan médiatique : fulgurante ! Pour Richard Douieb, cet art martial par essence israélien doit rester axé sur une pédagogie mais aussi une déontologie strictes.


Depuis 1948, date de création d'Israël, le conflit qui oppose l'Etat hébreu à l'entité palestinienne, les guerres, le terrorisme, a forgé, voire affûté à l'extrême, l'esprit d'une population entière exposée aux risques ultimes. Dans les rues ensoleillées de Tel Aviv, la vie suit pourtant son cours ordinaire : la capitale politique s'affaire avec une frénésie toute méridionale, et à deux pas des plages, les avenues commerçantes et leurs boutiques à la mode ne désemplissent pas. Enfin, le soir une jeunesse débordante de joie de vivre sort dans les cafés et les discothèques de Tel Aviv. Tout porterait à croire qu'Israël prospère dans la paix.

Seulement voilà, certains signes forts, comme l'omniprésence de militaires, pistolet-mitrailleur en bandoulière, rappelle l'inexorable menace terroriste qui telle une épée de Damoclès peut frapper à tout moment le peuple juif. Telle est la terrible réalité de la guerre. De l'adaptation à cette situation martiale, les Israéliens développent paradoxalement, en apparence, un tempérament fort et direct : celui de l'efficacité. Celui-là même qui constitue l'essence du système Krav-maga :
" Traduit par combat rapproché, le Krav-maga, expose Richard Douieb, président fondateur et directeur technique de la Fédération européenne de Krav-Maga, cet art martial est israélien par essence. Le Krav-maga correspond à la mentalité directe et orientée vers l'efficacité des Israéliens ".

Aujourd'hui, le peuple hébreu connaît mieux cet art martial, qui, classé secret-défense et réservé jusqu' en 1964 à l'instruction des troupes d'élite de l'armée israélienne, a ensuite été démocratisé par son fondateur, Imy Lichtenfeld. Cette apparition tardive et artisanale du Krav-maga en Israël n'a toutefois pas empêché son essor rapide à l'international. Plusieurs experts, à l'instar de Richard Douieb en France, ont été missionnés par Imy Lichtenfeld pour le représenter à l'étranger. Mission accomplie.

Non seulement, le Krav-maga est enseigné à peu près partout, tant dans le civil que le corps des professionnels de la sécurité mais encore il a déjà fait irruption sur le grand écran avec une ambassadrice de charme : Jennifer Lopez dans Plus Jamais. Une médiatisation dont Richard Douieb se réjouit tout en prônant, par ailleurs, la conservation du patrimoine du Krav-maga dans son essence. En créant la fédération européenne de Krav-maga, c'était en 1998, Richard Douieb entend assurer la pérennité des techniques du combat rapproché israélien. Voici, en exclusivité pour Karaté Bushido, l'analyse qu'il fait, lui le formateur du Groupe d'intervention de la gendarmerie nationale, de l'évolution du Krav-maga en France.

Le parcours du combattant

Richard Douieb, président de la Fédération européenne de Krav-maga, créée en 1997.
Age : 45 ans - Né à Jérusalem
Titre : représentant officiel du Krav-Maga en Europe délégué par le fondateur Imi Lichtenfeld.
Moniteur militaire et civil israélien de Krav-maga. Formateur des enseignants de sports de combat du G.I.G.N. Entraîneur de plusieurs unités d'élite militaire et de police en France et à l'étranger. Ceinture noire de Atemi jutsu, champion de France en 1983 et 1984 de boxe américaine. Ancien professionnel de la sécurité.


source : www.krav-maga.net

D'abord frapper pour affaiblir (Karaté Bushido 2006)

Lorsqu'on a le dessus lors d'un combat, il est inutile d'amener l'adversaire au sol, ce sont nos coups qui s'en chargeront. Mais s'il commence à faiblir, par exemple, il peut s'agir d'une bonne opportunité pour le faire car, au sol, il sera plus facile à contrôler ou, dans un cas extrême, de le frapper au visage. Pour bien emmener son adversaire au sol, il faut avoir une bonne notion de l'équilibre et du déséquilibre. Il ne s'agit pas de l'amener au sol en force, mais en déployant le moins d'effort possible, de l'emmener vers son déséquilibre. Il s'agit donc de trouver les points de déséquilibre de l'adversaire et les directions où l'emmener. Si l'on se trompe, on peut perdre beaucoup d'énergie dans la manoeuvre, ce qui n'est pas souhaitable car on ne sait pas comment va évoluer l'affrontement (regain d'énergie chez l'adversaire, arrivée de complice...). En Krav-Maga, on privilégie l'amenée au sol après une série de coups affaiblissant l'adversaire.

Pour appréhender au mieux cette manoeuvre, le mieux est de travailler avec un partenaire. Là, en douceur, dans toutes les positions, on va chercher à tirer et pousser le partenaire pour trouver les déséquilibres, ce qui permettra de les retrouver plus rapidement par la suite.